Comment prendre soin des relations humaines dans nos différents rôles ?
Le prisme à travers lequel j'aborde le travail personnel est celui de notre place et notre rôle dans les collectifs dont nous faisons partie, des pouvoirs dont nous disposons et de la manière dont nous en usons.
En particulier, dans les relations d'autorité, d'aide ou d'influence.
On ne naît pas humain : on le devient, au contact d’autres êtres humains, qui nous guident, nous dirigent et nous accompagnent dans cet apprentissage. Les différents rôles que nous sommes amenés à endosser parmi les autres, nos frères et soeurs humains, sont le creuset de notre développement. Devenus adultes, dans un contexte ou dans un autre, dans un rôle ou dans un autre, nous exerçons tous, un jour, pour un moment donné, une forme d'autorité : qu'elle soit familiale, hiérarchique, fonctionnelle, ou liée aux besoins d'aide de l'autre, nous voilà engagés dans des relations dissymétriques dans lesquelles, du fait de la fonction que nous occupons, les pouvoirs dont nous disposons sont différents de ceux des autres. Nous avons à en assumer la responsabilité.
La question que nous pouvons utilement et légitimement nous poser est : suis-je à l'aise, complètement à l'aise, dans ce rôle, dans cette place ? Et si non, pourquoi ?
Il est particulièrement ardu dans notre culture occidentale, où prévalent des valeurs égalitaires d’épanouissement personnel, d'assumer des fonctions qui requièrent l’exercice de l’autorité - quelle qu'en soit la forme. Dans notre société de ce début de 21ème siècle, c'est devenu très délicat, ce d’autant plus que nos systèmes éducatifs ne nous y préparent pas. Comme le souligne Edgar MORIN*, "nos systèmes éducatifs ne nous enseignent ni les voies de l'épanouissement, de l'autonomie intellectuelle, émotionnelle et décisionnelle, ni comment vivre solidairement, comment faire face aux problèmes vitaux de l'erreur, de l'illusion, de la partialité, de l'incompréhension d'autrui et de soi-même". Tout cela est pourtant absolument nécessaire pour exister pleinement, exercer une autorité saine, qui soit réellement au service des personnes, des collectifs et de leur déploiement harmonieux, et non dévoyée par nos manques, nos aveuglements, nos réactions mécaniques.
De puissantes énergies de développement et d'apprentissage
Comme l'écrit mon ami Pierre-Olivier MONTEIL**, "la difficulté de la mission est l'envers d'une pièce dont de puissantes attentes positives sont l'endroit". Le besoin d'engagement et de sens, le désir et la possibilité d'épanouissement et de reconnaissance, la joie de réaliser ensemble tout en étant respecté en tant que personne, sont autant d’énergies puissantes dont ceux qui osent endosser des fonctions d’autorité peuvent bénéficier. Une passionnante aventure attend celui ou celle qui ose se saisir pleinement de ses responsabilités, à commencer par celle de lui-même. En modifiant notre posture et notre manière d'agir, nous pouvons apprendre et recevoir énormément de notre engagement et de nos relations avec les autres, si complexes soient-elles. Et nous pouvons faire bénéficier les collectifs et les organisations dont nous faisons partie d'une posture plus juste, plus souple et solide à la fois.
Au-delà de la visée de performance, l’éthique nous appelle à rechercher des formes d’exercice de l’autorité respectueuses des personnes, qui soient véritablement au service de notre fonction, pour des collectifs qui soient au service du vivant : des collectifs respectueux de la vie, intelligents, apprenants, épanouissants pour les êtres qui les composent.
Trouver sa juste place parmi nos frères et soeurs humains, y exercer une autorité saine et juste au service de l'épanouissement des personnes, des collectifs et au-delà, du vivant : voici ce qui m'anime, comme un point de visée commun aux différentes démarches que je vous propose.
* Edgar MORIN - "Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur"
** Pierre Olivier MONTEIL - "La fabrique des mondes communs"